école des filles
L'école des filles
Ah ! Cette invisible, inévitable dépendance du maître à l’élève, comme celle du généreux donateur au pauvre, accentuée en circonflexe par un professeur perplexe devant les talents de son élève – fille.
L’intelligence des filles au plus vite placée dans une boîte, dans une remise, pour qu’elle n’en jaillisse pas comme un diable renversant ce pauvre professeur au rang de disciple.
Discipline du corps, au corpus du texte, dressage, plié, courbé, petit pas en avant, petit pas en arrière, la fille réduit à l’animal, petite chose souriante, concentrée, affectueuse envers le maître qui, livre à la main, lui sait, ânonnant phrases après phrases les mots sans sens, les sens aiguisés devant la chair douce sous ses yeux.
Les yeux des femmes-mères impitoyables sur les filles-filles. Qu’elles en restent là, qu’elles en restent mortes, ces jeunesses jalousées. Quoi de la lecture, quoi de la culture, quoi du bonheur pour nos filles ! Non, seule est la joie d’être une jolie poupée mécanique programmée par un homme derrière lequel se cachent les mères super superviseur du système.
Pauvre superman perdu aux pieds de sa jeune-femme en désir d’être femme, ravalée au rang de consolatrice, d’infirmière. La révolte gronde, de sortilège, en pique vaudou, l’homme remasterisée par les mains de cette fille dont il n’a voulu donner les clés de la liberté par la lecture, et elle, la fille, devenue comme les femmes-mères, le condamne lui et ses filles à reproduire le schéma orchestrée par les mères.
Bref ! L’école des filles est la véritable école de la libération des hommes.
Nice, le 5 janvier 2006,
Catherine Redelsperger
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