Samedi 8 septembre 2007 6 08 09 2007 21:28
Les jeunes artistes de la compagnie nie wiem ont posé  leur valises pendant quelques temps à Langres. Une résidence qui leur permet de travailler sur une pièce mordante où les hommes sont en péril.

Une voix froide au ton glacial envahit la pièce. " Un procédé éléctronique leur permettra de se brancher sur la femme de leur choix." Rideaux tirés, la grande salle de l' Ecole de Danse d' Eric Choquet est plongée dans le noir. Les quatre artistes sont en pleine répétition. "Ou bien ils procréeront dans les paturages avec leur paillasson(...) ou bien ils se rendront au centre de suicide le plus proche (...) Des répliques qui font froid dans le dos...
Tout a commencé avec Michel Humbert en 2005.
"Il nous avait demandé de préparer un spectacle sur l'éducation des filles au XVIIIème siècle." raconte Anne-Laure Lemaire, metteur en scène. Le pouvoir des hommes sur les femmes était alors considérable. "L'idée est venue de là : j'ai eu envie de prendre le contrepied et de chercher un point de vue opposé." La jeune femme se dirige donc vers les féministes.

"Les exterminer"

"J'ai pris un texte très polémique et très extrémiste
." Scum manifesto, association pour tailler les hommes en pièces" de Valérie Solanas est, en effet, plutôt "radical". "C'est une sorte de profession de foi, résume Anne-laure Lemaire, en gros, tout le malheur du monde vient des hommes alors il faut les exterminer, après, la pièce c'est "comment on fait ?""
Un essai tellement excessif "que ça en devient drôle". Anne-Laure travaille sur ce projet avec Lidwine, vidéaste, Claire, comédienne et Gwenaël, comédien. Grâce à Eric Choquet "on a pu poser nos valises ici quelques semaines", poursuit la jeune femme. "Il nous a acccueillis en faisant tout pour nous offrir de bonnes conditions de travail." ajoute Claire. Trouver un local pour répéter n'est pas chose facile, quand on a peu de moyens.

Accueillis


"On a un projet un peu ambitieux, l'énergie et la force, mais pas l'argent
", sourit Lidwine. A Dijon, c'est au conservatoire que la petite troupe se retrouvait , "mais il fallait respecter les horaires de bureau : quand tu es dans une scène, tu ne peux pas t'arrêter parce qu'il est 18h..."
Les artistes ont ainsi pu progresser duranttout l'été. Tout n'est pas résolu pour la suite, mais ils seront accueillis à nouveau en résidence au lycée Diderot dès janvier. "Nous allons travailler sur une autre pièce". En fait c'est une sorte de tryptique que l'équipe est en train de préparer. "Rapports de pouvoir, relations hommes/femmes, questions de territoire, de place et de domination : les trois pièces abordent ces points de façon différente" précise Anne-Laure Lemaire. Les lycéens pourront donc assister à la gestation d'une pièce. La troupe espère bien pouvoir jouer les trois dans la ville étoile prochainement.

Laëtitia Boulanger, journal de la Haute-Marne 31/08/07
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