Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /2007 00:09
Sur le Site des  Amis d'Antoine Vitez, on peut lire un certain nombre de témoignages  de ses collaborateurs. Un a particulièrement retenu mon attention, c'est celui de  Catherine  Dolto.  J'ignorais qu'elle avait été son élève,  chez Jacques Lecoq.

"Autres leçons "Viteziennes" tout à fait applicables dans mon métier *:

- ce qui est enterré sous la montagne finit toujours par faire pourir la montagne. Cela fonctionne sur plusieurs générations. L'éthique s'est refuser d'être complice de cela. Questionner sans cesse ce qui veut faire illusion. Bien souvent on psychologise pour mieux dissimuler dans un usage pervers de ce que nous a appris la psychanalyse.
-Le travail artistique et celui de la recherche scientifique doivent libérer les valeurs de l'inconscient. J'ajouterai qu'ils s'unissent et libèrent aussi le conscient et le savoir non conscient différent de l'inconscient freudien.
-Etre nu ce n'est pas être dénudé (nos patients sont souvents presque nus)
- Le plus petit geste est situé dans l'histoire, il y prend une place unique et définitive. C'est une question essentielle pour qui s'occupe d'humains toujours prêts à oublier qu'ils sont à chaque seconde sujet et responsables de leur histoire qui elle même prend ses racines dans celles des générations, et dans l'Histoire sociale et politique. L'oublier c'est s'oublier et risquer de se perdre.
- "Ne chercher pas par la volonté rationnelle cherchez dans la manière d'agir sur l'autre" il aimait citer cette phrase de Stanislavski (phrase qu'il faut entendre en dehors de tout contexte manipulateur) C'est par là qu'il faut passer si on veut sortir de la citadelle de l'égo.
(...)
De Meyerhold à Copeau, Dasté, Lecoq, Veldman, Vitez sans oublier Boris et Françoise Dolto courre une seule et même manière d'envisager l'humain dans son monde. Un être au travail sur lui-même, sans cesse, qui n'a pas peur de la liberté ni des sensations fortes. Il y a là un faisceau de filiations qui se potentialisent. Elles ont toutes en commun de penser que l'humain ne saurait être réduit à son cortex et que c'est dans l'autre et dans les échanges qu'il trouve son sens et son chemin. Il est incarné dans la chair, dans le social et dans l'histoire.
Chacun, de sa place, pédagogue, homme de théâtre, thérapeute, est au service de la puissance que chacun porte en lui et dont il s'agit de l'aider à s'emparer, qu'il soit notre patient, notre élève ou simple spectateur, c'ets toujours la même question qui se pose.

Nelson Mandela a dit : " Ne pas être à la hauteur n'est pas notre peur la plus profonde". Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au delà de toute mesure. C'est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraye le plus. Cette phrase m'inspire et elle me fait penser à Antoine. "

* Catherine Dolto est médecin haptopsychothérapeute. L'haptonomie, comme elle l'explique, est une science humaine qui se définit comme science de l'affectivité, qui implique un contact tactile avec les patients (tout en se distinguant d'une thérapie corporelle).

A méditer pendant l'été !
bonnes vacances à ceux qui en ont.

AL

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